Récit officiel BARPI
Un opérateur constate un défaut sur l'installation de refroidissement à l'ammoniac (NH3), avec suspicion de fuite, sur le site d'une fromagerie. Il sollicite une intervention du prestataire frigorifique, qui se présente sur place 2 jours plus tard, vers 9 h. Alors que l'intervention est en cours, l'exploitant reçoit un mail à 21h22, alertant d'une situation devenant critique avec une fuite dans ses installations, sans déclenchement de détection technique. À 22h56, l'exploitant constate qu'il n'y a plus de production de froid. L'astreinte frigoriste sur site confirme une perte importante en NH3 et que des bouteilles seront livrées le lendemain pour redémarrer l'installation en sécurité, tout en investiguant sur les causes. Il confirme l'absence de risques pour le personnel et la population extérieure. L'installation est mise en sécurité. Vers 1 h du matin, l'exploitant effectue une ronde de surveillance complète de l'usine et aucune odeur d'ammoniac n'est constatée, avec un contrôle des vents. Sans impact pour le personnel et les tiers, l'exploitant décide de ne pas alerter les secours externes. Vers midi, l'origine de la fuite est déterminée et isolée. Vers 15 h, l'installation de refroidissement est rechargée en d'ammoniac. Vers 16h30, l'installation est remise en sécurité, avec une détection fonctionnelle. La production reprend vers 21 h.La chute de pression du circuit NH3 entraîne un arrêt de production pendant 22 h. Environ 368 kg d'ammoniac sont rejetés dans l'atmosphère. Les pertes financières sont évaluées à environ 200 k€, comprenant la recharge en ammoniac, la perte de 310 000 l de lait envoyés en méthanisation et la perte de production.L'événement est lié à une fuite lente de NH3 pendant plusieurs jours au niveau de 2 soupapes situées à l'extérieur, au niveau d'une des tours aéroréfrigérantes du site. Le capteur NH3 du collecteur des soupapes fuyardes ne s'est pas déclenché par il était défaillant. L'exploitant avait signalé ce défaut à son prestataire plusieurs semaines auparavant. Le débit de fuite limité n'a engendré aucune odeur perceptible et aucune détection extérieure ne s'est déclenchée. L'intervention du prestataire frigorifique a pu aggraver la perte de charge de l'installation, en effectuant une purge au niveau d'un condenseur, endommageant le flotteur. Par ailleurs, l'alarme générale sensée retentir en cas de fuite ne fonctionnait plus depuis l'incendie survenu 2 ans plus tôt (ARIA 62442), les réparations nécessaires n'ayant pas été réalisées.À la suite de l'événement, l'exploitant : reconstitue un stock de détecteurs gaz pour être plus réactif dans le cas d'une prochaine panne ; met en demeure son prestataire frigorifique de réparer le câblage du système d'alarme de la salle des machines ; impose un contrôle systématique des capteurs de gaz avant chaque intervention.
Type d'événement
Rejet de matières dangereuses , polluantes
Matières impliquées
[7664-41-7] AMMONIAC
Causes
Perte de confinement , étanchéité (sans rupture),Danger latent,Défauts matériels,Mal effectuée
Échelle ARIA
0H, 0En, 1Ec, 2M
H = humaines · En = environnementales · Ec = économiques · M = matérielles (0-6)