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Retrait-Gonflement des Argiles (RGA)
Phénomène géotechnique amplifié par la sécheresse · BRGM & Géorisques
Le RGA en 30 secondes
48 %du territoire
de la France métropolitaine est exposée à un aléa moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles, selon la carte nationale du BRGM. C'est le premier risque naturel par les coûts d'indemnisation : environ 1 milliard d'euros par an de sinistres déclarés en CatNat, en hausse constante depuis 2018 sous l'effet du changement climatique.
- Mécanisme
- Les sols argileux gonflent quand ils s'imbibent d'eau et se rétractent quand ils sèchent. Sous une maison, ces variations volumiques provoquent des tassements différentiels et des fissures dans les murs porteurs.
- Effet climatique
- Les épisodes de sécheresse intense suivis de fortes pluies accélèrent le phénomène. Les étés 2003, 2018, 2022 et 2023 ont chacun déclenché des vagues d'arrêtés CatNat sécheresse.
- Zones les plus touchées
- Sud-Ouest (argiles de l'Agenais, Bordelais), Bassin parisien (argiles plastiques), Île-de-France, Plaine de l'Alsace, certaines vallées du Rhône.
- Type de bâti à risque
- Maisons individuelles de plain-pied, fondations superficielles < 80 cm, sols sans drainage périphérique, présence d'arbres à moins de 5 m (les racines pompent l'humidité du sol).
Obligations légales depuis 2020
La loi ELAN (2018) et le décret 2019-495 ont mis en place de nouvelles obligations pour les constructions en zone d'aléa moyen ou fort :
- Étude géotechnique préalable obligatoire (mission G1) lors de toute vente de terrain non bâti destiné à construction d'une maison individuelle.
- Étude géotechnique de conception (mission G2 AVP/PRO) à la charge du maître d'ouvrage avant tout permis de construire, ou alors application de techniques constructives forfaitaires (fondations > 1,20 m, chaînages, joints de rupture entre corps de bâtiment).
- État des Risques et Pollutions (ERP) joint à toute vente ou location, qui mentionne explicitement la zone d'exposition argile.
Le non-respect de ces obligations expose le vendeur à une responsabilité civile et pénale en cas de sinistre ultérieur.
Lien avec l'eau et la sécheresse
Le RGA est un risque profondément hydrologique : c'est la variation du contenu en eau du sol qui déclenche le phénomène. Plusieurs liens existent avec les données de notre site :
Le réchauffement climatique aggrave structurellement ce risque. Selon les projections DRIAS de Météo-France, la surface exposée à un aléa fort pourrait s'étendre de 30 à 40 % d'ici 2050 si le scénario RCP 8.5 se réalise.
Où trouver le statut de votre commune ?
Le BRGM publie la carte nationale RGA en open data. Pour vérifier le classement précis de votre adresse, plusieurs outils officiels :
- Géorisques.gouv.fr > tapez votre adresse > section « Retrait-Gonflement des Argiles ». Vous obtenez la classe d'aléa (faible / moyen / fort) sur votre parcelle.
- L'article dédié du portail Géorisques avec la cartographie nationale.
- Le service InfoTerre du BRGM pour les données géotechniques détaillées.
- Votre mairie qui doit communiquer les servitudes d'urbanisme intégrant l'aléa argile.
L'État des Risques et Pollutions (ERP) que vous obtenez à la vente d'un bien indique systématiquement la classe d'aléa argile de la parcelle.
Que faire si votre maison est exposée ?
- Diagnostic visuel : surveillez l'apparition de fissures en escalier dans les murs porteurs, particulièrement après un été sec. Une fissure > 2 mm doit alerter.
- Évacuation des eaux pluviales : assurez-vous que les descentes de gouttières sont éloignées des fondations (drains, puisards). Éviter l'infiltration directe en pied de mur.
- Arbres et végétation : identifiez et éventuellement abattez les arbres situés à moins de 5 m de la maison (chênes, peupliers, saules sont particulièrement asséchants).
- Étanchéité du périmètre : un trottoir en béton de 1,5 m autour de la maison réduit l'évaporation différentielle du sol.
- Renforcement des fondations si déjà fissurée : micropieux, longrines en sous-œuvre, joints de dilatation. Demander un bureau d'études géotechniques agréé (mission G5).
- Indemnisation : en cas de sinistre, la commune doit obtenir un arrêté CatNat « sécheresse / mouvement de terrain ». Délai déclaration assurance : 10 jours après publication de l'arrêté au Journal Officiel.
Voir aussi
Sources : BRGM · Géorisques · décret 2019-495 (loi ELAN) · arrêtés CatNat « mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse ».