À retenir
- La loi n° 2025-188 du 27 février 2025 vise à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS).
- La directive (UE) 2020/2184 fixe deux seuils dans l'eau potable : 0,10 µg/L pour la somme de 20 PFAS identifiés et 0,50 µg/L pour les PFAS totaux.
- L'application en France passe par une surveillance systématique pilotée par les Agences régionales de santé (ARS) à compter du 1er janvier 2026.
- La page officielle PFAS du ministère de la Transition écologique centralise les éléments de doctrine et le suivi.
Que sont les PFAS et pourquoi posent-ils problème ?
Une famille de plus de 4 000 substances
Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont une famille très large de composés chimiques de synthèse. Leur point commun : une chaîne carbonée fluorée extrêmement stable, qui leur donne des propriétés recherchées par l'industrie (résistance à la chaleur, à l'eau, aux graisses, aux UV) et qui les rend, par revers, très persistants dans l'environnement. C'est cette persistance qui leur a valu le surnom de « polluants éternels ».
Des usages industriels, des résidus diffus
On retrouve les PFAS dans des applications très variées : traitements anti-tâches sur textiles et papiers, mousses anti-incendie de certains aéroports et sites Seveso, emballages alimentaires, revêtements anti-adhésifs, certains produits cosmétiques et phytosanitaires. Cette diversité d'usages explique leur dispersion dans l'environnement, et la présence de plusieurs molécules de la famille à des niveaux variables dans les eaux superficielles, les nappes et, plus rarement, dans l'eau distribuée.
Effets sanitaires
L'exposition prolongée à certains PFAS est associée à des effets sur le développement, le système immunitaire, la fonction thyroïdienne, le métabolisme lipidique et certaines formes de cancer. Voir la campagne nationale ANSES de mesure des PFAS dans l'eau potable pour le détail des substances suivies et des niveaux observés.
La directive européenne 2020/2184 : les seuils dans l'eau potable
Deux paramètres réglementaires
La directive (UE) 2020/2184 sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine introduit deux paramètres explicites consacrés aux PFAS :
- Somme des 20 PFAS identifiés à l'annexe III de la directive : limite de qualité fixée à 0,10 µg/L.
- PFAS totaux : limite à 0,50 µg/L.
Le choix entre ces deux paramètres et la méthode analytique applicable sont précisés au niveau national. La directive prévoyait une mise en conformité par les États membres au plus tard le 12 janvier 2026.
Une surveillance pilotée par les ARS
En France, le contrôle sanitaire de l'eau distribuée est piloté par les Agences régionales de santé pour le compte du ministère chargé de la santé. Les résultats alimentent la base SISE-Eaux, dont les données ouvertes sur data.gouv.fr permettent de consulter les analyses commune par commune, y compris pour les paramètres PFAS lorsque ceux-ci sont mesurés sur les unités de distribution.
La loi française du 27 février 2025
Une trajectoire d'interdiction des usages non essentiels
Adoptée à l'issue d'un parcours parlementaire commencé en avril 2024, la loi n° 2025-188 du 27 février 2025 « visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées » met en place plusieurs leviers :
- une trajectoire d'interdiction de la mise sur le marché de produits contenant des PFAS pour des usages non essentiels (textiles d'habillement, chaussures et fartage, certains cosmétiques) ;
- l'instauration d'une redevance dédiée, perçue auprès des établissements rejetant des PFAS, pour financer la dépollution ;
- le renforcement de l'information du public et de la transparence sur les rejets industriels.
Le détail des dispositions et de leur calendrier d'application est disponible sur la version consolidée de la loi sur Légifrance.
L'articulation européenne en cours
À l'échelle de l'Union européenne, une proposition de restriction large de l'usage des PFAS, déposée en 2023 par cinq États membres dont l'Allemagne et les Pays-Bas, est en cours d'examen par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) au titre du règlement REACH. Le calendrier final n'est pas arrêté à l'heure de la publication de ce dossier.
Que doivent faire les services d'eau ?
Identifier le risque
La première étape pour un service d'eau potable est d'évaluer le risque sur ses ressources : cartographie des sites industriels potentiellement émetteurs (sites Seveso, aéroports, anciennes installations de production), des bassins agricoles concernés, et de l'historique des contaminations connues sur le bassin d'alimentation des captages.
Adapter la surveillance
Les ARS définissent, en lien avec les services d'eau, le programme de surveillance des PFAS dans le contrôle sanitaire. Les méthodes analytiques évoluent rapidement : une partie des laboratoires accrédités sait désormais doser la somme des 20 PFAS de l'annexe III avec des limites de quantification adaptées au seuil de 0,10 µg/L.
Choisir un traitement si nécessaire
Quand la ressource présente une contamination significative, plusieurs filières curatives peuvent être déployées en sortie de captage : charbon actif en grain (filière la plus largement déployée pour les PFAS à chaîne longue), résines échangeuses d'ions spécifiques, ou plus rarement osmose inverse. Ces filières sont coûteuses et énergivores, ce qui plaide pour une action sur les sources de pollution en parallèle.
Information du public
L'eau distribuée doit faire l'objet d'une information régulière des usagers, via la facture d'eau et le bilan annuel publié par chaque exploitant. Les pages publiques des ARS et certaines régies, comme Eau de Paris, communiquent désormais explicitement sur les résultats PFAS de leurs unités de distribution.
Pour visualiser les paramètres mesurés et les éventuels dépassements à l'échelle d'une commune, voir notre page Qualité ou la carte interactive.
Pour aller plus loin
- LOI n° 2025-188 du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (Légifrance).
- Directive (UE) 2020/2184 du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.
- Dossier PFAS du ministère de la Transition écologique : doctrine, suivi, foire aux questions.
- ANSES, campagne nationale de mesure des PFAS dans l'eau potable.
- SISE-Eaux : jeu de données du contrôle sanitaire commune par commune, sur data.gouv.fr.


